104, rue King, Winnipeg (Manitoba)

À la suite d’un incendie, en 1991, l’immeuble King, condamné, a été abandonné aux éléments. C’est un cas classique de démolition par négligence. L’entrepôt de quatre étages datant du 19e siècle est situé en plein centre du remarquable quartier de la Bourse de Winnipeg, secteur déclaré lieu historique national en 1997 et site du tournage de films comme l'oscarisé Capote.

Inoccupé depuis 15 ans, il se trouve en biais de la place du Vieux Marché, à une importante intersection qui est au cœur de l’action pendant les festivals qui animent le quartier de la Bourse pendant l’été. La ville de Winnipeg a désigné l’immeuble structure du patrimoine de deuxième classe en 1988. Il n’empêche que son propriétaire, Bedford Investments, semble décidé à l'abattre pour aménager un stationnement.

Sa résilience témoigne d’une solide construction. Érigé en 1895 et fait de brique, de grosses poutres de bois et de pierre de Tyndall, l’immeuble King était un des premiers entrepôts à Winnipeg construits dans le style roman richardsonien, qui est apparenté au style de l’école de Chicago et qui reflète bien l’aspiration de Winnipeg de devenir « la Chicago du nord ». L’organisme Héritage Winnipeg surveille l’entrepôt, et la ville veille à ce qu’il bénéficie d’une certaine protection en appliquant son règlement sur les édifices laissés vacants et à l’abandon. Un rapport municipal de 2005 signalait une toiture fuyante, des planchers et des plafonds effondrés, l’alarme incendie inopérante et des briques qui se détachaient à l’extérieur. Bedford Investments soutenait qu’un réaménagement de l’immeuble ne serait pas économiquement viable, mais refusait de le vendre. L’entreprise entendait plutôt rattacher le terrain de l’immeuble King au parc de stationnement voisin dont elle était également propriétaire, peut-être pour y construire un stationnement étagé.

MISE À JOUR : En 2007, un rapport technique a indiqué que l’immeuble était près de s’effondrer, mais que la façade pourrait être sauvée. La ville a décidé de modifier la désignation patrimoniale, la ramenant au niveau de la troisième classe afin de permettre un réaménagement sous réserve de la préservation de ses façades.

En 2010, le bâtiment a été reconstruit en stationnement étagé; ses façades au nord et à l’est y ont été intégrées.