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Lauréats de 2015

Prix du prince de Galles pour leadership municipal en matière de patrimoine

Médaille Gabrielle-Léger pour l’ensemble des réalisations

Prix du lieutenant-gouverneur pour la conservation du patrimoine

Prix Assurances Ecclésiastiques des rebâtisseurs du patrimoine

Prix du XXSiècle


Prix du prince de Galles pour leadership municipale en matière de patrimoine

Ville de Grimsby (Ontario)

Située au pied de l’escarpement du Niagara sur les rives du lac Ontario, la petite ville de Grimsby (26 325 habitants), en Ontario, s’enorgueillit de son patrimoine. En témoignent son centre-ville bien préservé, ses plages historiques et l’enthousiasme manifeste de ses citoyens passionnés d’histoire

Grimsby a été fondée en 1790 par un groupe de familles loyalistes qui, après la Révolution américaine, se sont établies au bord du ruisseau Forty Mile et l’ont nommée « The Forty ». Elles y ont trouvé des terres fertiles et des chutes pour alimenter des moulins d’eau, et leur collectivité a prospéré.

En 1859, un camping méthodiste surnommé « le Chautauqua du Canada » a été établi dans le parc de Grimsby. À son apogée, il attirera jusqu’à 50 000 estivants de toute la région du Golden Horseshoe; ils campaient dans le parc ou logeaient dans des chalets fantaisistes en forme de maisons de pain d’épice. Grimsby est restée une destination de vacances recherchée jusque dans les années 1960, quand sa population permanente a fortement augmenté à la faveur de l’essor de l’industrie fruiticole.

Bien que confrontée aux pressions dues au développement, Grimsby a reconnu l’importance de la conservation du patrimoine pour améliorer la qualité de vie et favoriser le sentiment d’appartenance et l’esprit communautaire. Grâce à son engagement de longue date en ce sens, plus de 95 % des immeubles de la ville datant d’avant 1939 sont encore en place.

Depuis 1963, quand elle a transformé un ancien atelier de forgeron (v. 1800) en premier musée de Grimsby, la ville a démontré une ferme volonté d’investir dans ses atouts du patrimoine. En 1986, elle a créé un répertoire du patrimoine où figurent aujourd’hui 142 propriétés. Elle a aussi créé cette année un répertoire des paysages appartenant au patrimoine culturel, qui compte déjà 26 sites.

À Grimsby, la planification du patrimoine est intégrée au plan directeur. Selon sa vision, « l’avenir de Grimsby misera sur son caractère de petite ville pittoresque », et « le patrimoine naturel de Grimsby, le patrimoine culturel et les arts seront mis en valeur et protégés ».

Joignant le geste à la parole, Grimsby a élaboré un solide ensemble de politiques et de programmes visant à promouvoir la conservation du patrimoine. Les mesures financières suivantes en font partie :

  • le Programme de subventions pour les propriétés patrimoniales désignées, qui subventionne des projets d’amélioration de la façade en versant jusqu’à 30 000 $ pour des immeubles commerciaux désignés et jusqu’à 10 000 pour des immeubles résidentiels désignés;
  • l’abattement des augmentations de taxes pour la réhabilitation et le réaménagement de propriétés au centre-ville de Grimsby, qui rembourse jusqu’à concurrence de 70 % pendant dix ans l’augmentation des taxes municipales découlant de la réhabilitation d’un immeuble;
  • la subvention pour intensification / transformation de biens résidentiels, qui subventionne la réhabilitation de logements existants, jusqu’à concurrence de 50 % et de 75 000 $.

En outre, divers règlements de zonage protègent le caractère historique de la ville et garantissent l’intégration respectueuse de nouveaux projets au contexte historique.

Les résidents de Grimsby sont fiers du patrimoine de leur collectivité et participent avec enthousiasme au festival annuel Portes ouvertes Grimsby, à des visites à pied historiques et au concours des arts du patrimoine de Grimsby. Cet enthousiasme démontre à quel point le patrimoine crée un attachement des citoyens à leur localité.

Le jury s’est prononcé à l’unanimité en faveur de cette impressionnante candidature. Il a qualifié de « proactive » et « raffinée » la démarche de Grimsby en matière de conservation du patrimoine.

« Grimsby s’est dotée de nombreux programmes spécialisés, pour une petite municipalité, comme des subventions pour les propriétés désignées, des abattements des augmentations de taxes et des subventions pour l’amélioration des façades sur la rue principale. Elle a tout prévu. »

La ville de Grimsby a été mise en candidature par la présidente du Comité consultatif sur le patrimoine de Grimsby.


Médaille Gabrielle-Léger pour l'ensemble des réalisations

Julia Gersovitz

Depuis presque 40 ans, Julia Gersovitz est à l’avant-garde du mouvement de la conservation du patrimoine au Canada en tant qu’architecte, théoricienne, éducatrice et bénévole.

Après un baccalauréat ès sciences en architecture et un baccalauréat en architecture obtenus respectivement en 1974 et 1975 à l’Université McGill, Mme Gersovitz est devenue un des premiers architectes au Canada à poursuivre des études supérieures en préservation historique – couronnées en 1980 par une maîtrise ès sciences de l’Université Columbia.

Au terme de ses études, Mme Gersovitz est retournée à Montréal pour entamer son premier grand projet : la réutilisation adaptée de la Maison Alcan, qui sera un exemple précoce d’aménagement durable réussi. Ce succès a donné le ton à la carrière de Mme Gersovitz, qui deviendra une actrice de premier plan en matière d’architecture en conservation au Canada. Son excellence lui a valu de travailler à certains des immeubles les plus emblématiques du pays, y compris les édifices du Parlement, Rideau Hall, la gare Union et l’historique campus de l’Université McGill.

Le travail de Mme Gersovitz, associée fondatrice du cabinet Fournier Gersovitz Moss Drolet et associés, a été largement acclamé. En 2009, elle et son cabinet ont été conjointement lauréats du Prix d’excellence SITQ de la Ville de Montréal pour leur apport inestimable à la conservation du patrimoine de la ville. En 2014, l’Association internationale pour la préservation et ses techniques lui a octroyé le Prix Harley J. McKee pour apport exceptionnel au domaine de la technologie de la préservation.

Mme Gersovitz a joué un rôle primordial dans l’éducation d’une génération d’architectes et autres professionnels de la conservation. À titre de professeure auxiliaire à l’École d’architecture de l’Université McGill depuis 1980, elle donne des cours en conservation du patrimoine et en histoire de l’architecture au Canada, et elle dirige des ateliers de conception. En outre, elle a aidé à mettre sur pied le programme de maîtrise en conservation du patrimoine à l’Université de Montréal, où elle était professeure auxiliaire de 1987 à 2001. Mme Gersovitz est souvent invitée à donner des conférences à des établissements d’enseignement au Canada et à l’étranger.

Véritable passionnée de conservation, Mme Gersovitz a mis ses connaissances au service de la communauté en tant que bénévole au sein de divers comités et conseils. Elle a été membre du Conseil de patrimoine de la Ville de Montréal et présidente du Comité consultatif d’urbanisme de la ville de Westmount. Elle était vice-présidente du Comité d’architecture et d’urbanisme de Montréal de 2001 à 2012 et membre de la Commission Jacques-Viger – qui conseillait déjà la Ville en matière d’architecture et d’urbanisme – de 1996 à 2001. Comme membre du Comité consultatif de Montréal sur la protection des biens culturels de 1987 à 1990, elle conseillait le comité exécutif au sujet des enjeux de la préservation. À l’échelon provincial, elle a été membre de la Commission des biens culturels, conseillant le ministre des Affaires culturelles sur les immeubles classés. Au-delà de la province, elle a été conseillère spéciale auprès de la Commission de la capitale nationale en ce qui concerne la résidence du gouverneur général et elle a participé à l’Initiative des endroits historiques du gouvernement fédéral.

Parmi ses pairs, Mme Gersovitz est réputée aussi bien pour son caractère réfléchi, tenace et généreux que pour la qualité impeccable de son travail. Elle est une source d’inspiration pour les professionnels de la conservation partout au Canada.

Julia Gersovitz a été mise en candidature par la Pre Christina Cameron, Professeur à l'Université de Montréal et la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti.


Prix du lieutenant-gouverneur pour la conservaton du patrimoine

Marianne Fedori, Edmonton (Alberta)

Marianne Fedori est réputée être le plus acharné des champions de la conservation du patrimoine à Edmonton. Depuis 30 ans, elle milite inlassablement pour la protection d’immeubles patrimoniaux dans la capitale de l’Alberta ainsi que partout dans la province.

Historienne de formation, Mme Fedori a obtenu un baccalauréat ès arts en histoire canadienne à l’Université de Calgary, en 1980. Dans son premier emploi, à la Bibliothèque publique de Calgary, elle a entrepris des recherches sur la conservation du patrimoine. Elle n’a ensuite cessé de travailler avec le gouvernement provincial, les administrations municipales, les architectes, les musées, les établissements d’enseignement, les éditeurs et les médias en tant que chercheuse et consultante en matière d’histoire. C’est toutefois plus encore à titre de bénévole qu’elle a fait sa marque.

Mme Fedori est un chef de file de la communauté de la conservation du patrimoine en Alberta. Son parcours l’a amenée à s’occuper de tout ce qui concerne l’histoire. Entre autres points saillants, elle a été présidente de la Société d’histoire de l’Alberta, membre fondatrice de l’Alberta Heritage Alliance, présidente de la Commission historique d’Edmonton, vice-présidente de la Government House Foundation, membre fondatrice de l’Association communautaire de Glenora et membre à vie de la Société nationale d’histoire du Canada.

Mme Fedori a joué un rôle de premier plan pour sensibiliser le public au patrimoine en Alberta. Elle a aidé à créer la Semaine de l’histoire à Calgary et la Semaine de l’histoire à Edmonton. Elle est membre fondatrice et guide du programme Jane’s Walk à Edmonton. Elle est historienne et mentore dans le cadre des salons du patrimoine pour étudiants. Elle a apporté une importante contribution à la bibliographie de l’histoire de l’Alberta, signant de nombreux articles, rapports et autres publications. Elle donne souvent des conférences sur l’histoire locale et la conservation du patrimoine.

Défenseure inébranlable des lieux historiques, Mme Fedori a participé à de nombreuses campagnes en faveur de la conservation du patrimoine. Elle a ainsi agi pour sauver des lieux comme le musée de Glenbow, le jardin de rocailles Reader, l’avenue Stephen, la maison Lougheed, la centrale Rossdale, Government House, la résidence Roberts Wells, l’immeuble de la Compagnie de la Baie d’Hudson et l’immeuble Birks. Son attachement à la conservation s’applique à sa propre demeure : elle a acheté la maison William Blakey (1946), l’a soigneusement restaurée et a obtenu en 2007 sa désignation comme bien du patrimoine municipal.

Toute la communauté du patrimoine de l’Alberta admire Mme Fedori aussi bien pour sa grâce que pour sa volonté de fer. Elle s’est révélée une porte-étendard éloquente et infatigable pour la cause de la conservation.

Marianne Fedori a été mise en candidature par Leslie Latta, directrice exécutive, Archives provinciales de l’Alberta, et par Anita Jenkins.


Prix Assurances Ecclésiastiques des rebâtisseurs du patrimoine bâti

Catégorie : Utilisation adaptée/réhabilitation

Synagogue de la congrégation Emanu-El, Victoria (Colombie-Britannique)

Rotonde de London, London (Ontario)

Aménagement de la rue Market, Toronto (Ontario)

Église unie Trinity-St.Paul, Toronto (Ontario)

Édifice Sir-John-A.-Macdonald, Ottawa (Ontario)

Nouveau centre d'apprentissage – Édifice 94, Ottawa (Ontario)

École des Métiers de la Restauration et du tourisme de Montréal, Montréal (Québec)

Cycloroute de Bellechase, MRC de Bellechasse, Québec

Synagogue de la congrégation Emanu-El (1863)
1461, rue Blanshard, Victoria (Colombie-Britannique)

Propriétaire : Congrégation Emanu-El
Architecte : Donald Luxton & Associates

La synagogue de la congrégation Emanu-el est la plus ancienne au Canada, et elle revêt ainsi une valeur patrimoniale inestimable. La congrégation qui l’a construite, en 1863, était composée de pionniers attirés par la ruée vers l’or du fleuve Fraser. Ce rare exemple de synagogue de style roman a été déclaré lieu historique national en 1979. La congrégation a entrepris des travaux de conservation en 2010. Le projet comprenait une réhabilitation majeure de la structure et de l’enveloppe de l’immeuble afin de corriger des déficiences structurelles causées par des transformations antérieures; la restauration et la remise en état des fenêtres à châssis de bois pour accroître leur efficacité thermique; l’installation d’un dispositif de pointe de détection d’incendie; et des réparations à la maçonnerie  
 

Rotonde de London (1887)
240, rue Waterloo, London (Ontario)

Propriétaire : Creative Property Developments
Architecte : Nicholson Sheffield Architects Inc.

La rotonde du chemin de fer Michigan Central (MCRR) a été construite en 1887 par la London & South Eastern Railway Company, pour l’entretien des locomotives de la ligne du MCRR reliant Port Stanley à London. Après que le MCRR s’est installé à St. Thomas en 1898, l’immeuble est resté vacant jusqu’en 1922. Il sera ensuite utilisé comme lieu de transit, comme entrepôt et comme restaurant, avant que l’entreprise Creative Properties l’achète en 2006. Son projet de réutilisation adaptée visait à rétablir autant que possible l’allure d’origine de la structure tout en y aménageant des bureaux pour une entreprise spécialisée dans les médias numériques. Le plancher a été ramené au niveau du sol, les fenêtres originales et les ouvertures des portes des locomotives ont été restaurées, et le plafond a été renforcé. La construction de nouveaux éléments a laissé un dégagement par rapport aux murs et a été inspirée par le patrimoine industriel de l’immeuble. L’aspect historique a aussi été honoré en installant une cheminée de locomotive dans la salle de conférence, en insérant du cerclage métallique dans le plancher là où se trouvaient les voies des locomotives et en nommant les salles de réunion d’après les anciens occupants de l’immeuble.

 

Aménagement de la rue Market 10-12, rue Market (1880)

 Toronto (Ontario)

Propriétaire : Woodcliffe Landmark Properties
Équipe de projet : Taylor Smyth Architects et Goldsmith Borgal & Company Ltd Architects

Situé dans l’historique quartier Saint Lawrence de Toronto, le modeste immeuble commercial du 10‑12, rue Market a été commandé en 1880 par le politicien local William Cayley. Il deviendra l’hôtel Armory. Avec l’immeuble adjacent du 8, rue Market (1899) et le 87, rue Front (1858 et 1871), il forme un élégant paysage urbain rappelant le patrimoine commercial du Toronto du 19e siècle. L’ensemble a été largement transformé et a subi une importante dégradation au fil des ans, de sorte que sa conservation a exigé de grands efforts : la façade de brique a dû être stabilisée pour permettre la construction d’une nouvelle structure en acier, des réparations à la maçonnerie et d’autres interventions de restauration; des fenêtres de remplacement à châssis de bois ont dû être conçues; et la corniche caractéristique a dû être refaite à partir de documents historiques. Au final, le projet a réussi à transformer une construction vétuste en vue d’une nouvelle vocation et à l’intégrer harmonieusement à un paysage urbain de faible hauteur, accueillant et convivial pour les piétons.

 

Église unie Trinity-St. Paul (1889)
427, rue Bloor Ouest, Toronto (Ontario)

Propriétaire : Église unie Trinity-St. Paul
Architecte : ERA Architects Inc.

L’église unie Trinity-St. Paul, immeuble néo-roman dans le quartier Annex de Toronto, a été construite en 1889 avec des pierres extraites de la zone des embranchements de la rivière Credit, avec des garnitures en grès rouge. Depuis 1981, le célèbre orchestre et chœur de chambre Tafelmusik y est locataire. Il attire des foules à l’église, perpétuant sa longue histoire de lieu de rencontre communautaire. Pour soutenir ce locataire et l’évolution dans l’utilisation de l’immeuble historique, le projet visait à améliorer l’acoustique, le confort, la sécurité et l’accessibilité de l’église. Il a porté sur une réhabilitation du sanctuaire propice à la fois aux représentations musicales et au culte; des aménagements acoustiques; l’amélioration de l’accessibilité; des travaux structuraux pour une nouvelle scène; la remise en état d’éléments décoratifs; et l’amélioration de l’installation électrique pour la sonorisation et l’éclairage de scène.

 

L'édifice Sir-John-A.-Macdonald (1930)
144, rue Wellington, Ottawa (Ontario)

Propriétaire : Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Architectes : MTBA Mark Thompson Brandt Architect & Associates Inc., NORR Architects, Engineers, Planners

L’ancienne succursale principale de la Banque de Montréal à Ottawa est un immeuble du patrimoine classé, sur la rue Wellington en face de l’édifice de l’Ouest de la Colline du Parlement. En 1932, l’Institut royal d’architecture du Canada lui a décerné sa Médaille d’or, à l’époque le prix d’architecture le plus prestigieux au Canada. Son style moderne classique monumental, digne de l’antenne à Ottawa de la plus ancienne banque à charte du Canada, est l’œuvre du cabinet d’architectes Barott et Blakader qui a été retenue à l’issue d’un concours national. L’imposant immeuble de granite et de pierre calcaire présente des détails exquis, y compris des représentations de l’industrie, du commerce, de la faune et de la nature du Canada surmontées par des décorations en métal et des sculptures de pierre art déco. Après que la Banque de Montréal a déménagé en 2005, l’immeuble était menacé faute de nouvelle vocation. Cependant, cette structure majestueuse a été retenue pour remplacer l’ancienne salle de la Confédération de l’édifice de l’Ouest, qui servait à des rencontres parlementaires. Le ministère fédéral des Travaux publics et de Services gouvernementaux a entrepris de réhabiliter l’immeuble en mettant en valeur ses qualités architecturales et en tirant parti de son aspect monumental. Les travaux ont porté sur la conservation et la remise en état des nombreux éléments patrimoniaux de l’édifice, y compris sa maçonnerie, ses grilles ornementales, ses fenêtres en bronze, ses plafonds de plâtre, ses panneaux de marbre, ses lustres et ses boiseries. Une série de stratégies détaillées a été préparée pour intégrer des nouveautés en matière de sécurité, d’équipement multimédia et de services alimentaires. Les murs extérieurs ont été renforcés et un atrium contemporain tout en verre a été construit pour abriter les fonctions de soutien et fournir un accès sécurisé tout en préservant la vue sur la façade ouest de l’édifice à l’allure de temple.

 

Nouveau centre d'apprentissage – Édifice 94, Ferme expérimentale centrale (1936-37)
Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada, Ferme expérimental centrale, 901, promenade Prince of Wales, Ottawa (Ontario)

Propriétaire : Musée de l'agriculture et de l'alimentation du Canada
Architecte : GRC Architects Inc.

Cet ancien bâtiment de recherche fait partie du lieu historique national de la Ferme expérimentale centrale, un paysage culturel exceptionnel servant à la recherche scientifique depuis 1886. Dans l’édifice no 94, des ingénieurs ont conçu, construit et testé des machines et des matériaux de construction agricoles spécialisés qui ont aidé à moderniser l’agriculture au Canada. L’historique de cet immeuble en fait le siège idéal du nouveau centre d’apprentissage du Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada, un endroit où les visiteurs peuvent explorer le lien entre aliments et agriculture. L’immeuble rénové comprend de nouvelles aires d’exposition, des bureaux, des espaces pour l’organisation d’événements et trois « laboratoires d’apprentissage » modernes. Le concept architectural du projet rend hommage au patrimoine de l’immeuble, lieu d’expérimentation, de recherches et de travaux d’ingénierie. Des cloisons et des plafonds suspendus installés dans les années 1970 ont été enlevés pour retrouver l’impressionnante portée libre de la structure d’acier du toit, ses lucarnes et sa forme en croupe. Le fenêtrage a été restauré comme à l’origine. Le parquet d’origine a été préservé et remis en état. De nouveaux éléments mettent en valeur la vocation, le rôle et les qualités spatiales de l’immeuble en utilisant des matériaux qui évoquent l’innovation en génie agricole – comme le vitrage en polycarbonate, qui est largement utilisé dans les serres, et des panneaux de paille recyclée comprimée. 

 

École des Métiers de la Restauration et du tourisme de Montréal (1888)
1822, boulevard de Maisonneuve Ouest, Montréal (Québec)

Propriétaires : Commission scolaire de Montréal et Ville de Montréal
Architectes : Affleck de la Riva architectes / Vincent Leclerc et associés, architectes en consortium

L’ancienne école Victoria est une des rares écoles du 19e siècle subsistant à Montréal. Elle a été nommée en l’honneur de la reine Victoria pour célébrer son jubilé d’or en 1887, l’année où sa pierre d’assise a été posée. L’école comprend trois bâtiments : l’immeuble central de style reine Anne et une petite résidence, qui datent de 1888, et un gymnase de trois étages ajouté en 1911. Elle a servi d’école primaire jusqu’en 1979. Ensuite, elle est devenue l’école FACE (Formation artistique au cœur de l’éducation). En 2009, quand la Commission scolaire de Montréal a résolu de la transformer en école d’hôtellerie et de tourisme, elle était vacante depuis des années. Des architectes ont été chargés de restaurer les façades et les toits historiques des trois immeubles, de restaurer partiellement l’intérieur, de réaménager le site et de mettre les bâtiments aux normes en vue d’une certification LEED Argent. Le projet s’inspirait des principes de la conception écologique, en tenant compte du patrimoine de l’école. L’ensemble a peu changé en 125 ans même si, alors qu’elle se trouvait initialement dans un paysage rural à l’extérieur de Montréal, elle fait maintenant partie d’un milieu urbain particulièrement dense. Voilà qui en fait un excellent exemple de conception durable. Dans le réaménagement du site, une allée verte a été créée pour rappeler le passé rural de l’école.

 

Cycloroute de Bellechase, MRC de Bellechasse
MRC de Bellechasse, Québec

Propriétaire : MRC de Bellechasse

Mise en valeur patrimoniale : Société historique de Bellechasse

Le plus ancien chemin de fer de la Municipalité régionale de comté de Bellechasse a été mis en service en 1855. La ligne de la compagnie Grand Tronc reliant Charny à Saint-Thomas-de-Montmagny était un tronçon vital du chemin de fer transcontinental qui a aidé à ouvrir la voie à la Confédération en 1867. Le transport ferroviaire était en pleine expansion au tournant du siècle; deux autres tronçons furent alors aménagés dans la région par le Québec Central en 1875 et le National Transcontinental en 1913. Quand le rail a décliné à partir du milieu du 20e siècle, ces deux dernières voies ferrées ont été graduellement abandonnées et leurs emprises furent achetées par le ministère des Transports du Québec pour en sauvegarder l'intégrité. En 2008, la MRC de Bellechasse a signé un bail de 60 ans avec le gouvernement du Québec afin de transformer les anciennes voies ferrées en vaste réseau de pistes asphaltées. La Cycloroute de Bellechasse s’étend ainsi sur 74 km dans huit municipalités. En 2013, la MRC a formé un partenariat avec la Société historique de Bellechasse pour commémorer le chemin de fer et son importance dans l’identité bellechassoise. Aujourd’hui, 35 panneaux d’interprétation racontent l’histoire des deux chemins de fer disparus et des huit municipalités maintenant traversées par la Cycloroute. En outre, trois signaux rappelant d’anciens passages à niveau et trois abris inspirés de l’architecture ferroviaire ont été érigés sur le parcours entre Saint-Henri et Armagh. Ils matérialisent un hommage au passé.


Prix du XXSiècle

Le Groupe fiduciaire des édifices des Pères de la Confédération, ou le Centre des arts de la Confédération – Charlottetown (Î.-P.-É.) – 1964 

Architectes Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Sise (devenus ARCOP, puis Architecture49 Inc.)

L’immeuble du Groupe fiduciaire des édifices des Pères de la Confédération, connu sous le nom de Centre des arts de la Confédération, est un véritable tour de force architectural du milieu du 20e siècle. Construit pour commémorer le centenaire de la Conférence de Charlottetown de 1864 et pour rendre hommage aux Pères de la Confédération, il est un monument vivant. Il offre un ensemble d’espaces permettant aux Canadiens d’exprimer pleinement leur culture. Le concept de l’architecte montréalais Dimitiri Dimakopoulos a été retenu à l’issue d’un concours national, parmi des propositions provenant d’un large éventail d’éminents architectes canadiens. La polyvalence innovatrice du Centre – il est théâtre, bibliothèque, galerie, salle commémorative – exprime l’éveil culturel associé à l’esprit du Centenaire, au milieu des années 1960. Sa combinaison d’espaces à vocation culturelle et sa composition architecturale abstraite ont exercé une profonde influence sur de nombreux projets du Centenaire partout au Canada.

Réputé pour ses innovations en matière de conception de la scène, le Centre profite d’espaces étagés qui concilient élégamment un caractère monumental et une intimité comme il ne s’en trouve qu’en peu d’endroits au Canada. L’interaction sculpturale de formes abstraites, de cours et de terrasses s’exprime dans le vocabulaire robuste mais raffiné du brutalisme, en béton et en grès, en intégrant subtilement sa voisine l’historique Province House en un seul ensemble unifié d’une échelle parfaitement adaptée au centre-ville de Charlottetown. Cinquante ans plus tard, soigneusement entretenu et ayant bénéficié de menues retouches mettant en valeur ses fonctions et ses qualités architecturales, le Centre reste une présence clé dans le quotidien de Charlottetown et un emblème de l’optimisme de l’ère du Centenaire du Canada. Le jury a convenu à l’unanimité que le Centre des arts de la Confédération mérite le Prix du XXe siècle de 2015.

 

 

Présentation du prix, le 5 juin, Hyatt Regency Calgary - FÉLICITATIONS!

Trudy Cowan, ancienne chaire de la Fiducie nationale du Canada s’est jointe à Samuel Oghale Oboh, Président d’Architecture Canada pour la présentation du Prix du XXe siècle au lauréat 2015, le Centre des arts de la Confédération a Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard).